Janvier 2016

Que se passe t'il dans la ruche ?

 

Non les abeilles n'hibernent pas mais elles adoptent un comportement que l'on nomme hivernage. Elles forment une grappe judicieusement construite qui leur permet de survivre jusqu'au printemps suivant. En effet, l'abeille ne disposant d'aucune isolation ou autre protection contre les agressions des froidures de l'hiver il lui faut s'organiser en communauté pour pouvoir lutter efficacement contre le froid.

Une abeille isolée perçoit très rapidement les modifications de températures, en deçà de 10 degrés elle perd ses capacités de vol et lorsque le thermomètre atteint les 6 ou 7 degrés elle se paralyse et se laisse mourir.

Pour pallier cette vulnérabilité la colonie fait appel à son esprit communautaire capable d'organiser le groupe pour réguler la température en fonction de ses besoins. Chaque abeille est capable de produire, par le biais de ses muscles thoraciques, de la chaleur; en adoptant une formation de grappe, tête orientée vers le centre, les abeilles situées à la périphérie réchauffent celles situées plus au centre et forment une barrière isolante; leur température corporelle descendra jusqu'à 9 degrés et elles seront trop engourdies pour pouvoir se déplacer. Ce sera aux abeilles de l'intérieur de venir prendre leur place en les poussant vers le centre de la grappe où elles se réchaufferont à leur tour. Ainsi par rotations successives l'ensemble de la colonie va travailler à maintenir une température de 35 degrés autour de la reine et du petit reste de couvain.

La taille de la grappe est un facteur déterminant dans la survie de la colonie. Une petite quantité d'abeilles entraîne des rotations plus fréquentes, les abeilles se fatiguent et refroidissent alors plus rapidement; l'ensemble de la colonie finit alors par se refroidir et mourir.

Cette organisation qui requiert 5 à 10 000 individus, est extrêmement économique et ménage les abeilles au cours de l'hiver.


Comment en savoir plus ?

 

L'observation au trou de vol d'une ruche est la première possibilité d'en apprendre un peu plus sur l'état de santé de la colonie. On y reviendra le mois prochain.

La seconde possibilité est d'analyser le lange placé sous le plateau grillagé si la ruche en est équipée. De nombreux renseignements peuvent en être tirés et témoignent de la santé de la colonie, de ses conditions de survie et présagent du futur développement.

La présence de 4 ou 5 bandes elliptiques est un gage de bonne santé et leur positionnement trahi l'emplacement choisi par la colonie pour hiverner. L'avant est le plus fréquent puisqu'il permet un meilleur renouvellement de l'air. Le nombre de bandes de déchets traduit la capacité des abeilles à nettoyer les cadres, plus il y en a plus elle est forte.

Les déchets peuvent contenir des pelotes de pollen ce qui indique que des ouvrières ont déjà trouvées du pollen frais en vue d'une reprise de la ponte de la reine. Il est aussi possible de compter le nombre de varroa morts naturellement ce qui permet d'évaluer le degré d'infestation.


Quel est le rôle de l'apiculteur ?

 

Son rôle doit se limiter à des visites de contrôle pour s’assurer que ses ruches soient toujours bien en place sur leur support et que les éléments n’aient pas été déplacés par le vent ou un animal un peu trop curieux.>

Eboulement de rocher qui a provoqué la destruction d'un abris et des ruches qu'il contenait.
                                                                                 Chute de rocher et destruction d'un abris.

 

 

Ruche renversée de manière intentionnelle par un vandal.
                                                                                        Ruche vandalisée.

 

 

L’apiculteur se gardera de toquer sur la ruche pour écouter le vrombissement des abeilles, cela stresserait les abeilles et les conduirait à consommer plus que nécessaire. Elles seraient alors amenées à sortir plus tôt pour soulager leur besoin quand bien même le temps ne le permettrait pas.

 

Faut-il enlever la neige devant l’entrée ?

 

Non, cela risquerait de stresser les abeilles croyant à l’intrusion d’un prédateur. Au contraire la neige constitue une isolation thermique et phonique perméable à l’air ; les abeilles sont donc capables de respirer lorsque l’entrée est obstruée de neige fraiche. Attention toutefois à la formation de glace qui elle est imperméable à l’air. L'alternance gel-dégel de la neige entraîne la formation de glace, il faudra veiller à ce que celle-ci n’obstrue pas complètement l’entrée.

Ruches sous un beau manteau de neige d'une quarantaine de centimètre d'épaisseur.

 

 

Les abeilles sont exposées à un danger plus grand encore : les rayons du soleil. Ils sont traitres puisque pénétrant dans la ruche ils incitent les abeilles à effectuer un vol de propreté ; or l’air extérieur ne s’est pas réchauffé, les abeilles, rapidement paralysées, se posent au sol où elles finiront par mourir. Si de plus le sol est couvert d’un manteau de neige, la luminosité extrême aveugle les abeilles qui sont alors incapables de retrouver leur ruche et le manteau se tache d’abeilles désorientées qui périssent au contact de la neige. Pour prévenir ceci il est bon de poser un morceau de carrelage ou une tuile empêchant les rayons du soleil de pénétrer dans la ruche. 

 


L’apiculteur pensera bien sûr à préparer la saison 2016 en commençant par remettre en état et entretenir son matériel, ses ruches et les divers éléments qui la composent.

 

6 ruches restaurées, repeintes et prêtes pour la saison 2016
                                                                                                                 Ruches prêtes pour la nouvelle saison.