Décembre 2015

Drôle d'hiver.

 

Le léger refroidissement mi-novembre n’était qu’illusoire et la température est bien vite repassée au-dessus des normales de saison en France et particulièrement dans le Parc des Bauges. Avec en moyenne 13°C en journée, les abeilles n’ont jamais stoppé leur activité et ne l’ont que très légèrement réduite.

 

Cette exceptionnelle douceur hivernale rime avec danger pour les colonies ; en effet la première conséquence est la relance de l’élevage qui demande énormément de ressources. Les abeilles se mettent à puiser dans leurs ressources bien plus qu’elles ne le feraient en période d’hivernage pour nourrir les larves et subvenir à leurs propres besoins. Bon nombre d’entre-elles sont chargées d’aller récolter du pollen sur les rares fleurs (bourrache, violette, pissenlit) qui profitent de cette chaleur pour éclore. En effet le couvain nécessite un apport conséquent en pollen pour se développer et l’observation de la planche d’envol en témoigne complètement : les ouvrières reviennent chargées de grosses pelotes de pollen allant du beige au jaune clair. Quelle efficacité !

Quatres abeilles rentrant du pollen en décembre 2016.

Les colonies consomment aussi leur complément de réserve avec une incroyable rapidité, de la mi-novembre à la fin du mois de décembre, soit 7 semaines elles ont consommé entre 1,5kg et 2,5kg de candi (pâte composée principalement d’eau et de sucre).

Pain de candi complètement consommé par les abeilles.

Il faut donc impérativement renouveler ce complément de réserve, sans cela les colonies commenceront à entamer leurs propres réserves ce qui leur sera préjudiciable lors du réel redémarrage de l’activité. Celui-ci intervient en général et dans nos montagnes vers la mi-février. L’allongement de l’ensoleillement, la lumière plus vive qui entre par le trou de vol stimulent les abeilles, elles consomment les réserves de miel et de pollen, la gelée royale apparait et la reine reprend sa ponte.

La remise de ponte de la reine a aussi pour conséquence le développement de la population de varroa. Ceux-ci vont affaiblir les abeilles et risquent fortement de freiner le redémarrage printanier voir contribuer à l'extinction de la colonie si leur présence est trop forte. Si c'était le cas il faudrait procéder à un nouveau traitement de la colonie.  Les populations importantes et consommatrices type Buckfast seront particulièrement vulnérables au cours du mois de janvier et février, il faudra veiller au maintien de leurs réserves. 

Nouveau pain de candi peu entamé.