Mai 2016

 

Le mois de mai rime avec abondance de fleurs, de nectar et de parfums qui excitent au plus haut point nos abeilles et provoquent une activité fébrile sur la planche d'envol.

Les colonies poursuivent leur expansion et profitent de l'explosion florale pour récolter pollen et nectar en abondance. L'alternance chaleur-pluie du mois d'avril fut particulièrement propice au remplissage des premières hausses et cela devrait se poursuivre ce mois-ci. Cette alternance couplée au manque de place pour pondre ont favorisé l’essaimage. L'apiculteur va devoir redoubler d'attention pour éviter la sortie de nouveaux essaims ou récupérer ceux ayant tout de même décider de prendre leur envol.

 

Que se passe-t-il dans mes ruches ?

Les hausses posées en avril se sont déjà bien remplies, les cadres cirés ont été construits et un grand nombre d’ouvrières viennent y stocker le nectar. Le dessus des cadres blanchissant il est grand temps de poser la hausse suivante.

Vue d'une hausse avec le dessus des cadres ayant blanchi
                                                           Blanchissement des cadres sur le dessus

 

A cette époque de l’année il important de suivre précisément le développement de la ruche pour pouvoir l’optimiser et maintenir ainsi l’harmonie biologique de la colonie. Il est utile de se souvenir qu’un rayon de couvain fournira suffisamment d’abeilles pour couvrir la surface de trois rayons. L’apiculteur doit tenir compte de cette augmentation de population et anticiper le volume disponible en fournissant à ses protégées des hausses pour stocker le miel avec des cires gaufrées. C’est en effet la période durant laquelle le nombre de cirière est à son maximum, il ne faut pas hésiter à mettre 6 cadres gaufrés sur 9 dans les hausses.

Comment obtenir des cadres bien bâtis ?

Les cires gaufrées doivent être placées côte à côte et surtout pas intercalées entre deux cadres construits comme on peut le lire certaines fois. Pourquoi ? Pour éviter tout simplement d’avoir des cadres énormes et d’autres très petits ; en réalité vos abeilles vont commencer par étirer les cadres déjà construits avant de se mettre à étirer les nouvelles cires. Résultat : vous allez vous retrouver avec des anciens cadres énormes et des nouveaux très fins. Pour éviter ceci on place donc nos 6 cadres en plein milieu de la hausse et ceux déjà construits sur les bords (une cire gaufrée sur un bord de hausse a beaucoup moins de chance d’être étirée).

Sur la planche d'envol, les ventileuses sont très nombreuses du matin au soir. Elles poursuivent ce travail la nuit durant pour abaisser le taux d’humidité du nectar aux alentours de 17-18% afin de le transformer en miel. L'absence de miellée, ce qui se produit souvent par vent du nord ou d’est, se traduit par une forte fréquentation l’abreuvoir. En effet la colonie a besoin d'eau pour préparer la bouillie larvaire et assurer la climatisation de la ruche. Elles pallient donc l'absence d'eau d’évaporation du nectar en allant se servir à l’abreuvoir.

Il peut arriver que l’activité sur une planche d’envol soit réduite et que les abeilles soient désœuvrées… Quelque chose est anormal. Si en ouvrant la ruche nous découvrons que l’activité sur les cadres de cire gaufrée est suspendue, c’est-à-dire si les bords de la construction sont brutalement rabotés vers le cadre, ou bien collés avec de la propolis, alors la colonie est atteinte de la fièvre d’essaimage.

 

L'essaimage

Essaimer est une nécessité vitale pour notre abeille, comme tout être vivant elle éprouve l'absolu besoin de survivre et de se reproduire. C'est inscrit dans son patrimoine génétique et c’est ce qui lui a permis de conquérir toute la surface du globe. La tendance à l’essaimage est un caractère héréditaire plus ou moins marqué selon les races. Certaines essaiment très peu et assurent leur survie en renouvelant leur reine naturellement.

Les ouvrières commencent à construire des cellules royales au milieu du couvain. Après l'émergence de la jeune reine, l'ancienne reste tolérée et ne sera repoussée qu’une fois sa remplaçante revenue avec succès de son vol nuptial. C'est une période délicate qui demande beaucoup d'attention ; la colonie vise un développement maximal qui repose sur un fragile équilibre, à la moindre rupture de ce dernier c’est le départ d’un essaim assuré. La nature assure la multiplication des colonies par l'essaimage. Or l'apiculteur ne vise qu’une chose : des colonies bien développées, fortes et qui n’essaiment pas. En effet, une colonie qui aurait décidé d'essaimer ne construit plus, n’élève plus et ne récolte plus ; et il suffit que l’apiculteur ne soit pas présent les jours suivant son envol pour qu’il soit définitivement perdu.

L'apiculteur moderne cherche à éviter la division naturelle en pratiquant l’essaimage artificiel ; il privilégie la production de miel, de pollen ou de gelée royale. Le meilleur moyen de lutter contre l’essaimage naturel est de ne pas conserver ou diviser les colonies connues pour leur facilité à l’essaimage. Le remplacement de la reine par une jeune d’une race peu essaimeuse est la meilleure des solutions.

Une reine en train de pondre sur un cadre de cire fraîche
                      Une jeune reine noire en train de pondre sur un cadre fraîchement bâti

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