Juin 2016

 

Que se passe-t-il dans mes ruches ?

La situation est très hétérogène en fonction de la position géographique du rucher, il se trouve que nous soyons plutôt chanceux en Haute Savoie. Après un hivers très clément et un mois de mars trop chaud la nature s’est réveillée avec plus de quatre semaines d’avance ; dans le sud les fleurs sont apparues avant même que les premiers bataillons d’ouvrières aient le temps de sortir. Les colonies ont donc fortement élevé mais cette force ouvrière n’a pu bénéficier que d’une floraison en déclin et balayée par l’extraordinaire fraicheur du mois d’avril. Résultat des milliers de butineuses sont restées cloitrées dans leur ruche à consommer leurs maigres provisions. Pour couronner le tout, des vents violents se sont levés et ont achevé de bloquer le développement des colonies. Les ruches sont donc peu populeuse aujourd’hui et les récoltes de tilleuls, de lavande et de châtaigner seront faibles.

joli cadre construit suite à la miéllée de tilleuls
Une hausse remplie de miel en deux semaines suite à la miellée de tilleuls

Pour en revenir à la Haute Savoie, la nature était aussi en avance mais la vague de froid est intervenue suffisant tôt pour reporter d’une quinzaine de jours les floraisons ; ceci couplé au  nombre important de butineuses, au temps chaud et pluvieux a permis une excellente récolte de printemps.

Dans la ruche la colonie rassemble une population importante, composée essentiellement de butineuses. Le nid à couvain s’étend encore sur 7 à 9 cadres et l’espace disponible est très réduit. Les reines vierges des ruches ayant essaimées ont été fécondées et viennent de débuter leur ponte.

La récolte

Quand récolter ? Comment récolter ?

Premièrement il faut attendre que les cadres soient bien operculés au moment où on envisagera cette opération. De même, pour ceux qui n’utilisent pas de grille à reine, les cadres contenant du couvain doivent être laissés dans la hausse. Ils seront récoltés plus tard lorsque le couvain aura éclos. On constate aussi que le miel extrait de cadres épais est plus humide que le miel extrait de cadres étroits.

Récolter son miel, explications détaillées.

S’il y a du colza dans la région il faut redoubler de vigilance. Dès que la floraison est passé il faut impérativement extraire le miel au risque de se retrouver avec des cadres entièrement cristallisés. Une fois ces cadres vidés de leur miel liquide, il est nécessaire de faire immédiatement nettoyer les hausses par les abeilles. Le miel de colza cristallisant très vite des cristaux se seront probablement déjà formés dans les alvéoles, ils sont indésirables pour les futures récoltes.

Dans tous les cas on mettra les hausses à lécher en cheminée (on empile 2 ou 3 hausses) sur quelques ruches. Le mieux est que cette cheminée soit installée sur un nourrisseur couvre-cadres, les abeilles iront « piller » ces hausses. Ne surtout pas oublier de rétrécir le trou de vol ! Dans le cas contraire le pillage viendrait des butineuses extérieures à la colonie.  

 

A quel moment doit-on prévoir une deuxième hausse ?

Lorsque la hausse est posée, il faut en surveiller le remplissage, une feuille plastique ou une plaque en plexiglas facilite grandement la tâche. Lorsque huit cadres sur dix sont pleins, ce qu’il est facile de constater par les constructions en cire blanche, on doit poser une deuxième hausse si l’on ne peut extraire. Si les tournesols ou les tilleuls sont sur le point de fleurir on aura intérêt à poser deux hausses d’un coup.

Conservation du mielpremiers pots de miel récoltés en juin 2016

Quelques précautions à observer : il est essentiel de bien fermer les seaux et fûts : le miel étant très hygroscopique, il va absorber l’humidité contenue dans l’air et dépassera les 17% d’humidité. Ce taux garanti une bonne conservation du miel, au-delà il y a des risques de fermentation.

De même, il faut éviter de chauffer le miel au risque de le dénaturer ; si on ne peut faire autrement (par exemple pour mettre en pot un miel cristallisé) on ne le chauffe pas à plus de 40 degrés. Enfin, le miel doit être conserver à l’abri de la lumière.

Vente

L'été est une période de grands déplacements. Français et étrangers sillonnent les routes de France et se laissent volontiers séduire par les produits du terroir. Profitez-en. Soignez particulièrement la présentation et l'attrait de vos points de vente, vos conditionnements, de façon à valoriser au maximum ce merveilleux produit qu’est le Miel de Savoie. Retrouvez notre miel ici.

Du changement au rucher

Doucement les colonies vont entamer leur décroissance, elle est encore peu visible début Juillet. Les ruches paraissent encore très peuplées, surtout lorsque règnent les fortes chaleurs estivales. L'activité des butineuses est encore bien soutenue, dans la mesure où il y a des miellées à exploiter et où subsistent la possibilité de récolter du pollen. Graduellement, la reine va réduire sa ponte et le risque d’essaimage est définitivement écarté. Les faux-bourdons sont pourchassés et éliminés dans les populations normales. La construction des rayons va cesser définitivement courant juillet, la sécrétion de cire se limitera strictement aux besoins nécessaires à l'operculation des rayons de miel ou de provisions. Le comportement de nos abeilles va lui aussi évoluer. Elles deviennent beaucoup plus agressives ; cette modification de leur humeur s'explique par le fait qu'elles doivent maintenant défendre les réserves de la colonie et organiser la lutte contre les pillards ; l’apiculteur en est un aussi ! Prenez garde lors des récoltes, les piqures fusent plus vite que d’habitude.

 

Bonne chance pour vos récoltes, espérons qu’elles soient conséquentes !

Rendez-vous le mois prochain pour faire le tour des actions à mettre en place pour préparer au mieux la fin de saison.