Installation du rucher

Préambule

Les abeilles ont la cote, l'affluence des ruchers école en témoigne largement. Au début il n'y avait qu'une poignée de passionnés et d'agriculteurs voulant s'ouvrir à une source de revenu supplémentaire. Aujourd'hui l'abeille est en passe de devenir un phénomène de mode à l'image des poules il y a quelques années. Nombreux sont ceux qui souhaitent avoir leur propre ruche dans leur jardin, leur cour, sur leur terrasse ou même sur leur balcon ! Il faut néanmoins un peu plus de connaissances que l'élevage de poules n'en demandait mais ce n'est en rien très compliqué. Des connaissances et l'aide d'une personne expérimentée sauront faire de vous un apiculteur débrouillard capable de produire son propre miel. Oui parce que c'est bien de cela qu'il s'agit !

Suivez-nous, on vous explique comment bien vous lancer avec votre première ruche.

 

Le site idéal d'installation

L'installation d'une ruche est soumise à plusieurs paramètres et aléas parfois difficiles à maîtriser. Il faut en conséquence faire des aménagements pour offrir à la colonie les conditions optimales de production ; on prendra en compte les besoins des abeilles, les réticences du voisinage et la facilité de travail avec cette ruche.

La première chose à faire est donc de vous renseigner en mairie sur les conditions locales d’installation ; en effet un Arrêté du Maire de la commune peut avoir modifié les prescriptions du Code Rural (L 221-6 et R 211-2). Il est ensuite recommandé d’évoquer votre projet avec vos voisins, en effet les piqûres, les essaims et les trajectoires gênantes des abeilles sont à prendre en compte. Pour ces dernières, la solution est de « dissimuler » ses ruches derrière une haie ou une palissade, cela est d’autant plus bénéfique que les ruches ainsi « cachées » attirent moins les convoitises et sont mieux protégées des vents. La relative fraicheur fournit par les arbres en été est importante, il ne faut pas la négliger car elle permet un meilleur séchage du miel.  

Si l’installation derrière sa maison fait rêver, parce qu’elle permet chaque jour de suivre l’évolution de ses colonies, d’être en admiration devant le travail remarquable effectué par ses butineuses et de renouer un contact intime avec la nature ; il ne faut pas oublier que le couloir d’envol des abeilles ne sera plus le lieu des bains de soleil.

  • Conseils pratiques :
  1. Ménager suffisamment de place à l’arrière de vos ruches pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions.
  2. Hauteur des supports : 30 à 40cm
  3. Les ruches doivent être orientées au sud / sud-est
  4. Remplacer l’herbe sous les ruches par des graviers (dalle bétonnée, etc.) vous évitera de la couper dans des conditions difficiles en été, cela permet aussi de contrôler les déchets sortis de la ruche et de détecter une éventuelle maladie.
  5. Abriter vos ruches des vents dominants.

 

L’humidité ou le pire ennemi des abeilles

« Les abeilles ne craignent pas le froid mais l’humidité qui favorise l’apparition de maladies. » Quel apiculteur n’a jamais entendu cette phrase ?

Les abeilles savent très bien lutter contre les faibles températures, elles ont des muscles pour cela et savent s’organiser en communauté. En revanche contre l’eau de liquéfaction (le therme "condensation" est utilisé à tort) elles ne peuvent rien. La dépense énergétique requise est démesurée pour elle. Aussi vous ne poserez jamais les ruches à même le sol, ni n’utiliserez de vieux pneus. De bons moellons (2 hauteurs) ou un support en bois feront l’affaire, du moment que le tout est stable.

  • Conseils pratiques :
  1. On peut donner au support une légère inclinaison sur l’avant, l’eau de liquéfaction s’écoulera ainsi toute seule.
  2. Si le support en bois est assez grand on peut venir fixer des planches sur la partie n’accueillant pas la ruche, cela sera utile lors de vos futures interventions pour poser vos outils.  

Puis-je poser mes ruches côtes-à-côtes ?

            C’est la question de la dérive que l’on pose là. La dérive qu’est-ce donc ? Si plusieurs ruches sont disposées les unes à côté des autres, celles des extrémités vont recevoir beaucoup plus d’abeilles que celles du centre. Le rendement des ruches peut varier de 1 à 4 avec le risque que celles du milieu s’affaiblissent, se fassent piller et que des maladies se transmettent.

  • Conseils pratiques :
  1. Pas d’alignement parfait
  2. Plus de 40 cm d’espace entre 2 ruches
  3. Modulation des orientation (de l’ordre de quelques degrés et non d’un quart de tour)
  4. Les formes et les couleurs sûr la ruche, sont plus une fantaisie qu’un repère utilisé par les abeilles.
Mise en place des supports de ruches sur le campus des Mines d'Alès
                                                 Mise en place des supports de ruches sur le campus des Mines d'Alès

 

Il faut penser à installer un « abreuvoir » pour nos abeilles. (Voir l’article du mois de février pour de plus amples détails.) L’idéal étant un plan incliné alimenté en permanence par un goutte à goutte d’une eau légèrement salée. Sinon un seau muni de nombreux flotteurs avec une eau renouvelée assez souvent peut faire l’affaire. Amorcer l’abreuvoir avec du miel et ne surtout jamais le laisser se tarir, les abeilles l’abandonneraient et il faudrait tout recommencer.