Guide des interventions

 

L’apiculture implique la maitrise de plusieurs techniques de base, simples ou plus complexes. Elles permettent de gérer aussi bien 2 que 500 colonies. Le contact assidu avec les abeilles et l’expérience des saisons successives vous donneront un tour de main efficace et vous simplifieront le travail en vous évitant désillusions et piqures.

 

Gérer l’enfumoir

Sur le rucher, c’est le plus fidèle des compagnons de l’apiculteur.

La fumée est une arme de dissuasion qui inhibe les velléités de défense des abeilles et protège l'apiculteur des piqûres. Elles ne ressentent pas la fumée comme une agression, mais comme un avertissement précédant le feu qui risque de détruire leur habitation ; leur instinct leur dicte d'évacuer la ruche en faisant d'abord une provision de miel. Plongeant dans les rayons, elles en aspirent suffisant pour survivre quelques jours, le temps de s'installer ailleurs ; avec le ventre plein les abeilles deviennent moins agressives.

Bien allumé, l’enfumoir est donc est la garantie d’une visite sans stress, sans débordements et surtout sans piqures. Il faut néanmoins bien savoir l’allumer. Pour y parvenir il faut procéder par étape :

  1. Je crée une base de braise au fond (papier journal + petit bois, morceaux de bois + lampe à souder, ou la meilleure solution : 4-5 pommes de pin bien enflammées)
  2. J’ajoute de quoi faire la fumée (aiguille de pin, herbe sèche, lavande séchée -> sent super bon, copeaux de bois, produit spécial pour enfumoir, etc.) et j’actionne le soufflet pendant une bonne minute
  3. A l’aide du lève cadre je tasse et ferme l’enfumoir
  4. Je ne le laisse pas seul et sans surveillance, très régulièrement je donne quelques coups de soufflet.

La fumée doit être blanche et « froide ». (On n’utilise pas de tissu synthétique, de papiers colorés ni même de carton ondulé).

ATTENTION

La fumée ne doit en aucun cas générer une pollution des produits de la ruche (particulièrement au moment de la récolte…). Pour ne pas se retrouver avec un miel « saveur feu de bois », on évite d’envoyer la fumée entre les cadres, elle doit toujours être rasante sur le dessus des cadres. Pour une intervention importante on pensera à enfumer à l’entrée de la ruche, attendre 1 à 2 minutes avant de décoller le couvre cadre dans un angle et enfumer aussitôt par l’interstice. Si l’intervention est limitée (contrôle visuel, pose de hausse, etc.) on enfume simplement au moment où on soulève le couvre cadre.

 

Remarque : En été, lorsque la chaleur est étouffante, pour une petite et rapide intervention, il vaut mieux utiliser un vaporisateur d’eau plutôt que l’enfumoir (utiliser de l’eau potable). Les abeilles apprécieront.

 

Ouvrir une ruche

Chaque ouverture doit se justifier par un but précis, on n’ouvre pas par curiosité ! Les abeilles mettent un point d’honneur à conserver une température rigoureusement constante autour du couvain (environ 35°C), 24h leurs seront nécessaire pour rétablir cet équilibre après une ouverture. Par conséquent, les visites dans des conditions météorologiques défavorables sont à bannir (en hiver, température inférieure à 15°C, par grand vent, sous la pluie…).

L’intervention peut avoir lieu de la fin de matinée jusqu’au début de soirée. On commence par enfumer la colonie au niveau de la porte d’entrée (2/3 coups de soufflet), on attend un peu, le toit est enlevé, à l’aide d’un lève cadre on décolle le couvre cadre dans un coin tout en fumant par le « jour » créé ; lorsque ce dernier est totalement soulevé on le frappe d’un coup sec pour faire tomber les abeilles dans la ruche. L’enfumoir doit rester à portée de main pour pouvoir contrôler la « remontée » des abeilles sur le dessus des cadres.

 

Observer les cadres

Quelques précautions doivent être prises pour ne pas blesser la reine. On commencera toujours par soulever un cadre de rive, la reine à moins de chance de s’y trouver. Il faut s’assurer que la propolis et la cire déposées par les abeilles ne bloquent pas le cadre dans le corps de la ruche. Si c’est le cas, on y remédie à l’aide de nos outils tranchant. Le lève cadre est ensuite utilisé comme un levier pour soulever un coté du cadre puis l’autre ; l’utilisation de la pince lève cadre est fortement recommandée. Elle nous permet de sortir le cadre bien verticalement, sans frottements contre la paroi ou un autre cadre.

Le cadre de rive et les suivants peuvent être posés momentanément à l’extérieur de la ruche (sur un repose cadre spécial ou sur le couvre cadre retourné) pendant que l’on procède à notre visite. Celle-ci doit rester rapide, il ne faut pas laisser une ruche ouverte plus de 10 minutes.

 

Il est nécessaire d’examiner attentivement les cadres de chaque colonie au printemps et en automne. Cela permet de jauger la valeur de la reine, de contrôler le stade de développement et les réserves présentes.

Une fois qu’un cadre est sorti on peut le prendre à deux mains par la barrette supérieure pour assurer sa prise. Il faut pouvoir l’observer avec le soleil dans le dos.

Comment juger de la qualité de reine ? En observant le couvain :

  • Un beau couvain doit être centré, resserré, homogène et bordé de pollen et de miel. Si telle est la configuration sur plusieurs cadres alors on peut être rassuré, la jeune reine a été fécondée correctement.
  • Si la ponte est disséminée : c’est le signe d’une reine de mauvaise qualité ou trop âgée, la colonie peut aussi être bourdonneuse (en l’absence de reine les abeilles se mettent à pondre à sa place) Que faire ? voir : planche d'envol, point 6
  • Si l’on aperçoit des cellules royales operculés : la colonie est orpheline ou s’apprête à essaimer. Article traitant de l’essaimage

Pour s’assurer de la présence de la reine on pourra chercher les œufs au fond des cellules. Ces sont de petits grains de riz (10 fois plus petits) placés au centre des alvéoles.

 

Fermer la ruche

Premièrement il ne faut jamais laisser une ruche ouverte sans surveillance, même si vos abeilles tentent de vous chasser du rucher. Fermez-la méthodiquement afin de ne rien laisser au hasard.

  • Commencez par replacer précautionneusement les cadres dans l’ordre dans lequel vous les avez sortis
  • Légère fumée sur le dessus, puis on vient faire GLISSER le couvre cadre sur le dessus des cadres pour n’écraser aucune abeille. On ne s’attarde pas pour la dernière qui traine à rentrer (elle passera par la porte), à coup sûr 4 ou 5 abeilles en profiteraient pour se mettre là où vous ne voulez pas.
  • On remet le toit en douceur (les chocs supplémentaires disloquent ou stressent la grappe)
  • On n’oublie pas de poser un caillou sur le toit, un coup de vent aurait tôt fait de la décoiffer.