Avril 2016

 

Avril est un mois charnière dans le développement des colonies. Pour les régions les plus froides il correspond à la sortie de l'hivernage tandis que dans le sud avril rime avec pose des hausses. Reste que ce mois voit aussi les populations d'abeilles exploser, plus d'un millier d'abeilles naissent chaque jour et viennent grossir les rangs. En avril il faut suivre attentivement le développement de ses colonies.

 

Que se passe-t-il dans la ruche ?

Cette année les visites de printemps ont eu lieu très tôt dans la saison et l'apiculteur a pu déterminer la force de chacune de ses colonies avec plusieurs semaines d'avance. C'est sur cette estimation que sont dirigées ses futures interventions.

Toutes les colonies ont déjà développé un important couvain et la reine déposera bientôt plus de 1500 œufs par jour ! Maintenir la température constante autour des 35 degrés est un impératif au développement optimal du couvain. Cela requiert beaucoup d'énergie que les abeilles puisent sous la forme de miel. Il faut donc veiller à ce que la colonie dispose en permanence d'une dizaine de kg de réserve, soit 3 cadres pleins. Les plus belles colonies sont les plus exposées et certaines peuvent périr de famine.

 

Au même titre que les provisions il faut surveiller étroitement l'espace vital donné aux abeilles. Au fur et à mesure des besoins de ces dernières il est impératif d'augmenter la place disponible pour la colonie. C’est un facteur qui permet de lutter contre l’essaimage. On peut pour cela déplacer la partition posée à l’entrée de l’hiver et apporter un cadre ciré, transvaser une colonie d’une ruchette vers une ruche et procéder au changement des vieux cadres comme expliqué le mois dernier. La construction de nouvelles cires est un atout pour la bonne santé des colonies, en effet les cires anciennes sont riches des spores et pollutions accumulées par les populations précédentes.

Cadre de hausse fraichement construit
                            Les amorces données dans la 1ère hausse ont été très rapidement construites !

 

La pose de la première hausse ?

La pose de la première hausse est une étape cruciale et doit être minutieusement calculée. Pourquoi ? Pour ne pas pousser la colonie à faire des préparatifs d’essaimage faute de place. Mais dans ce cas ne suffirait-il pas de la poser le plus tôt possible ? La réponse est non bien sûr ! En effet, les abeilles auraient alors un volume supérieur de 50% à chauffer ce qui ralentirait considérablement le développement de la colonie. Quels sont donc les signes indiquant le moment opportun pour poser une hausse ?

  • Lorsque les abeilles occupent toutes les ruelles, que l’on a l’impression de voir un tapis d’abeilles au travers du couvre cadre transparent
  • Lorsque les cadres cirés ont été construits et que les cires commencent à blanchir sur l’ensemble des cadres
  • Lorsque les abeilles commencent à édifier des ponts de cire entre les différents cadres

alors il est grand temps de poser une hausse. L’idéal étant de le faire juste avant de voir les cires blanchir.

Couvre cadre transparent
                  Le couvre cadre transparent accélère grandement le travail, c'est un outil indispensable !

 

La composition des hausses doit être telle qu’elle incite les abeilles à la visiter mais qu’elle occupe aussi les cirières en vue de freiner l’essaimage. On peut donc utiliser 2 cadres construits à gauche, puis 5 cadres cirés au centre et à nouveau 2 cadres construits à droite. (Sur les colonies fortes on peut se permettre de donner 9 cadres cirés, aucuns soucis de construction sur notre rucher) On pourra aussi donner des cadres cirés dans la 2ème hausse mais plus on avance dans la saison et moins ces cadres seront construits.

 

Lors de la pose de la première hausse il ne faudrait pas oublier d’intercaler entre le corps de la ruche et ladite hausse une grille à reine ! Elle a pour but d’empêcher la reine de monter pondre dans la hausse ce qui facilite grandement la récolte du miel. Il faut veiller à ce que les barreaux de la grille soient parallèles aux cadres de la hausse et ce pour éviter toutes constructions sauvages entre les éléments.

Enfin on pensera bien à mettre un couvre cadre transparent pour suivre attentivement l’avancement des récoltes ; une hausse peut se remplir très vite par forte miellée.

 

A l’extérieur de la ruche

Votre abreuvoir est installé et depuis quelques semaines vous avez pu remarquer qu’il est assailli par vos abeilles ? Ce sont là les plus vieilles butineuses qui viennent chercher l’eau nécessaire à la nourriture des larves, aux besoins vitaux de leur consœurs ainsi qu’à la fraicheur de leur habitat.

Deux abeilles buvant dans une flaque laisée par la pluie
                                   Deux abeilles se désaltérant dans une flaque laissée par la pluie

 

Si vos protégées ne l’ont pas encore adoptée, attirez-les avec un peu de miel déposé en début de matinée et « salez » votre eau.

 

Dame Nature étant en avance les essaims sont en avance aussi ! Malgré les mesures préventives mises en place et que nous les détaillerons le mois prochain, nous avons dû récupérer un premier essaim le 10 avril. Il provient d’une ruche dont nous ne savions rien de la reine si ce n’est qu’elle devait être âgée.

Ruchette contenant le deuxième essaim
                    Un deuxième essaim était venu se poser au même endroit que le premier, il est maintenant enruché.

 

Prenez vos précautions et facilitez-vous le travail de récupération en posant des ruchettes pièges. Elles devront être situées entre 20 et 100m de votre rucher, dans un couloir Sud-Est et la présence de vieux rayons bien noirs exercent un fort pouvoir attractif. Elles seront posées sur un support à l’ombre ou bien accrochées dans un arbre à plus ou moins 2m au-dessus du sol.